Comme il achevait ces mots un rocher branlant se détacha du haut de la côte et vint écraser, comme un simple mortel, la déesse Minerve qui par jeu avait pris la forme d'un vieillard et qui dut à cette fantaisie de perdre à la fois son existence humaine et son existence divine. Des oiseaux ricaneurs passèrent au-dessus des cadavres en sifflant des airs à danser. Les vents se levèrent de joie et se peignèrent aux dents des montagnes. Les forêts enfin délivrées coulèrent jusqu'aux demeures des hommes et les mangèrent. Les pierres éclatèrent. Les plantes volèrent nonchalamment comme si elles n'avaient fait que cela toute leur vie. Les volcans réveillés se regardèrent par-dessus les océans, s'avancèrent les uns vers les autres et s'unirent en des amours de lave sous les baisers des cratères bienfaisants comme la pluie. Les eaux ne furent plus réunies et cohérentes mais dissipées par l'univers. Le ciel, étoffe délirante, se déchira pour montrer l'indécente nudité des planètes. Le firmament se constella du sexe des lumières. La voûte des jours et des nuits devint une chair et ceux d'entre les hommes qui avaient survécu aux bouleversements moururent de désir devant la croupe impudique suspendue au-dessus de leurs têtes. Le sable des déserts devint serpent, ouvrit les yeux, soubresaut d'éclair, au frisson des pollutions nocturnes. Les nébuleuses rôdèrent dans les paysages riants. Les quenouilles dansèrent en perdant leurs cheveux argentés. Les grandes rotatives se baisèrent sur les plages de galets. Les marteaux-pilons se promenèrent gentiment dans les squares et tandis que les métaux se caressaient en hurlant dans les plaines de plaisir, sur ses chevaux de tendresse le Seigneur Dieu éclata de rire comme un fou. FIN 1 , , 2 ' 3 . 4 - 5 . 6 . ' 7 . . 8 ' 9 . - , 10 ' ' 11 . 12 ' . 13 , , ' 14 . 15 16 . 17 ' 18 19 - . 20 , , ' , 21 . 22 . . 23 . 24 - 25 , 26 . 27 28 29